mercredi 17 août 2011

Comment soigner un animal domestique en Guinée


Kamsar, 17 août 2011

C’est vrai que nous avons beaucoup parlé de notre chat dernièrement, mais il occupe nos soirées et week-ends pluvieux. Et là, nous avons une bonne histoire qui décrit bien la vie en Guinée à travers tous les problèmes de notre chaton! Donc, tout d’abord, Nic ramène un chaton abandonné à la maison. Nous sommes énervés, donc on le rentre dans la maison sans trop se poser de questions. Le lendemain, on lui donne un shampooing question de le rendre tout propre et ça commence à bouger dans son pelage… En panique, nous le mettons dans une boîte et dans la voiture (bon… nous étions vraiment paniqués!) Nous essayons de rejoindre un vétérinaire de toute urgence ne sachant pas quoi faire. Sur les 3 vétérinaires de notre liste de numéros de base à Kamsar, un seul nous répond en nous disant qu’il nous rappellera dans les prochaines minutes. Évidemment, il ne rappelle pas! Leçon numéro 1 : s’il dit qu’il va rappeler, il ne rappellera pas. Nous reprenons finalement notre calme et lui refaisons un shampoing armé d’une pince à sourcils afin d’attraper ce qui bouge. Quelle horreur! Mais nous le sauvons et il est maintenant tout propre. Durant ce temps, nous sommes en conditionnement de litière. Une boîte de litière faite maison avec aussi de la litière maison : du sable… Nous ne trouvons pas de litière à Kamsar. Rapidement, la maison est rendue un vrai carré de sable! Bien que la solution est loin d’être idéale, leçon numéro 2 : à Kamsar, le système débrouillardise peut être sollicité à tout moment! On fait ce que l’on peut avec ce que l’on a! Une semaine plus tard, notre chaton commence à se gratter les oreilles avec une force assez intense. Après quelques jours, nous découvrons que ça s’étend et qu’il se gratte si fort que ça fait des galles. Nous cherchons sur Internet sans vraiment être capable d’identifier le problème. Heureusement, une amie de Nic est vétérinaire, donc on lui écrit pour avoir des conseils sur quoi faire, quoi trouver, etc. (Merci Mel pour tes conseils et ta patience! Mais nous savons tous les trois que tu as appris la patience à un très jeune âge et ce dans les meilleures conditions : Kamsar!) Elle nous conseille du mieux qu’elle peut. On part donc pour la pharmacie guinéenne (pas celle de la CBG) à la recherche des produits qu’elle nous a recommandé.  La pharmacie, comment la décrire? Une petite pièce pas éclairée avec quelques boîtes derrière un comptoir et clairement pas un pharmacien derrière celui-ci! Leçon numéro 3 : il est grandement préférable de ne pas être malade à Kamsar! Finalement, ils n’ont pas exactement ce que l’on recherche, mais ils ont autre chose. Nous le notons et réécrivons à l’amie de Nic. Entre temps, nous avions aussi parlé à un vétérinaire guinéen qui était venu examiner Fote à la maison. Sans vous expliquez tout le diagnostic, il disait totalement le contraire de ce que nous avait dit l’amie de Nic (et ce sur plusieurs autres sujets concernant les chatons) et aussi de ce que nous avions pu lire sur Internet. Mais la meilleure, c’est lorsque nous lui avons montré le coupe-griffes qu’une expat nous avait prêté en lui demandant s’il pouvait nous montrer à le faire. Il n’avait définitivement jamais vu cela de toute sa vie! Finalement, nous allons le faire nous-mêmes! Ce « vétérinaire » nous a tout de même apporté des médicaments avec des noms qui existent sur Internet et qui semblent être dans la veine du problème à régler. Toutefois, sa posologie était très douteuse! Leçon numéro 4 : parfois, c’est préférable de ne PAS faire appel à un « spécialiste » puisqu’il peut se révéler être un charlatan! Ha oui, entre temps, une expat nous a trouvé plein de vrai litière : un vrai charme! Donc, voilà, on s’occupe de la bête maintenant!

Dans un autre registre, Nic a maintenant les cheveux longs de près de 3 mois! Il repousse l’inévitable depuis trop longtemps maintenant, celui d’aller voir un coiffeur guinéen! C’est drôle puisqu’il ne fait pas confiance à Annick pour lui couper! Il préfère se raser qu’il dit! ; - ) Nous vous tenons au courant : l’action est imminente!

Dans le dernier post, nous vous parlions de notre fameux cargo. Plus d’une semaine a passé depuis ce post (et 3 semaines depuis l’arrivée du cargo au port) et nous n’avons toujours pas nos effets personnels qui sont coincés à la douane gérée de façon vertueuse et rapide (lire, tout le contraire!). Semble-t-il que ce sera demain s’il ne pleut pas… mais nous n’y croyons plus! Comme nous a dit un grand sage Français qui vit en Guinée depuis très, très longtemps : « L’Afrique de l’ouest, c’est l’école de la patience, mais la Guinée, c’est l’université! »

On vous embrasse!
Annick et Nic

Énorme arbre chez nos voisins qui sera bientôt coupé

mardi 9 août 2011

Bientôt le cargo!


Kamsar,  9 août 2011

Bon, bon, quoi de neuf depuis la dernière fois? C’est assez tranquille ici puisqu’il pleut beaucoup. Nous sortons donc moins. C’est une période plus tranquille sur les découvertes. Au moins, nous avons notre chaton (« Fote ») qui nous occupe amplement! Pas toujours facile à dresser ces petites bêtes là!
Bon, bon, quoi de neuf depuis la dernière fois? C’est assez tranquille ici puisqu’il pleut beaucoup. Nous sortons donc moins. C’est une période plus tranquille sur les découvertes. Au moins, nous avons notre chaton (« Fote ») qui nous occupe amplement! Pas toujours facile à dresser ces petites bêtes là!

Le bateau contenant nos effets personnels est arrivé au port, mais pas encore à la maison! Ils doivent tout dépaqueter et ensuite, nous apporter notre grosse boîte! Évidemment, tout ça n’est pas simple et surtout pas en Afrique! De plus, semble-t-il que les douaniers seront présents pour l’ouverture de la boîte et demanderont toutes sortes de taxes et aussi des biens qui sont dans notre conteneur. On vous en reparle! Le tout DEVRAIT se passer cette semaine (scénario optimiste!)

Présentement dans le monde musulman, c’est le Ramadan et Kamsar n’y échappe pas! C’est ainsi que personne ne mange ni ne boit du lever au coucher du soleil. Avec la chaleur extérieure, ce n’est pas toujours facile. De plus, ça donne une raison à tous de travailler un peu moins fort puisqu’ils sont fatigués et de quitter le travail plus tôt! Ça nous vaut aussi quelques regards et quelques remarques lorsque nous allons acheter du pain en plein jour. Nous faisons tout de même attention de ne pas manger nos pâtisseries dans la rue en y revenant! Nous attendons d’être à la maison.

Est-ce que nous vous avons déjà parlé de la banque ici? C’est le début du mois, donc paie, donc banque. Bon, par où commencer? Tout d’abord, les paies sont déposées dans des comptes de banque comme au Canada. On se doit de le préciser : il y a quelques années, des expats ici ont connu la livraison d’un camion (pas un camion sécurisé!) rempli d’enveloppes brunes contenant les paies de 2500 employés directement sur le lieu de travail et sans trop de contrôle! En plus, c’était les gens du service de la paie qui allait chercher l’argent et qui ensuite la distribuait. Au fond, ils auraient bien pu disparaître avec le camion! Revenons à la banque! Étant donné que Nic et moi, n’avons toujours pas de carte de guichet (nous les avons demandé il n’y a qu’un mois et demi!), nous devons passer au comptoir pour retirer. Imaginez-vous une vieille banque vue dans un film avec une vitre pour séparer le client du banquier. Donc, une fois arrivé au comptoir, nous devons se faire un chèque à nous-mêmes du montant que nous désirons retirer (ouin… on ne l’a toujours pas compris celle-là!). Étant donné que nous retirons de gros montants, nous devons passer dans une autre pièce pour obtenir notre argent. Le meilleur s’en vient! Nous entrons dans la pièce et à notre gauche, il y a une autre division dans laquelle une machine (ainsi que deux personnes qui supervisent la machine) compte les liasses d’argent. Ces liasses sont par la suite, empilées à la vue de tous, sans contrôle, sans cadenas, sans rien. On doit s’amener un sac opaque pour revenir à la maison afin d’y mettre tout l’argent. Disons que 1 million GNF (soit environ 145$) en coupure de 10 000 GNF, ça monte rapidement!

Ces jours-ci, nous nous torturons beaucoup avec la bouffe! Nous avons le goût de manger tout ce que nous n’avons pas et il y a beaucoup de choses! Pour se sustenter, nous avons au moins pu préparer de l’indien avec nos épices indiennes. Miam, miam!

On vous embrasse!
Annick et Nic

jeudi 28 juillet 2011

Kamsar au quotidien… les bons côtés et les défis !


Kamsar, le 28 juillet 2011
Plusieurs d’entre vous nous demandent comment c’est ici. C’est extrêmement difficile à décrire, mais on fera de notre mieux au cours de quelques posts, parsemés ici et là, pour vous plonger dans notre quotidien rempli de découvertes, de défis et de situations cocasses! On a réuni plein de petits moments et de descriptions.
Tout d’abord, nous avons deux gardiens : Mamadou et Kabah. Mamadou travaille de jour et il s’occupe de notre jardin. Kabah travaille de nuit… mais il dort autant que nous! Il nettoie la cour et lave la voiture.
Anecdote avec Mamadou : Le gardien doit être à la maison un peu avant 7h30 pour ouvrir le portail à Nicholas. Après quelques matins de retard, Nicholas lui rappel qu’il doit arriver à l’heure. Son excuse : il habite loin! En réalité, il habite à peut-être 20 minutes à pied! Résidents de la rive-sud ou de la rive-nord, vous essaierez cette excuse lors de votre prochain retard au travail!
Anecdote avec Kabah : la communication est plus difficile puisque sa connaissance du français est plutôt rudimentaire… c’est dommage puisqu’il est jeune et il a l’avenir devant lui… Par contre, nous lui avons fait découvert les Mr.Freeze ; je crois qu’il aime bien!
En ce moment, c’est la saison d’un genre de petits fruits surets qui tombe des arbres. Évidemment, on a un tel arbre dans la cour, mais tout juste sur le bord de la clôture, alors les fruits tombent dans la cour et devant le portail. Ce fruit a l’air… prisée (c’est difficile de décrire à quel point!) par les enfants du quartier! Il y a donc des rassemblements d’enfants avec des chaudières qui amassent ces fruits! Ils sont si énervés qu’ils poussent même dans le portail pour tenter d’amasser ceux qui sont dans notre cour! C’est assez intense!
Outre ces fruits méconnus, dans notre cour, nous avons des ananaiers et un bébé baobab…!
Dans Kamsar, on retrouve une toute autre panoplie d’animaux qu’au Québec. Des chèvres en liberté dans la rue, des poules (aussi en liberté!), des grenouilles (après la pluie, on n’entend que ça!), des serpents, des lézards, des chenilles (Nic dit qu’après nos ‘’killer sheeps’’ islandais, il y a maintenant les ‘’killer caterpillars’’ guinéens. Voir la photo!), des vautours, la gamme complète de fourmis et d’araignées, des oiseaux exotiques et aussi… des maudites coquerelles! Pour elles, nous avons une technique présentement infaillible pour les attraper qui consiste en :
1-    une canne vide de raviolis au bœuf
2-    un carton dur
3-    une toilette (A.K.A. la glissade d’eau des coquerelles!)
Faites aller votre imagination pour comprendre la technique!
  
Avant de venir en Afrique, tout québécois dira qu’il connaît ça les nids de poule. Toutefois, arrivé ici, on découvre que c’est possible que la route présente de plus gros trous et sur une fréquence beaucoup plus rapide! Le pick-up est plus qu’essentiel et malgré tout, ça brasse! Pour citer un enfant expatrié : ‘’ici, ce sont des nids d’autruche!’’ (voir la photo!)




En Guinée, pour installer l’internet, trois personnes sont requises :
1-    le gars qui divise le signal téléphonique
2-    la fille qui amène le boîtier pour le signal
3-    le gars qui connecte le réseau
Au fond, c’est pas SI pire!
Depuis que nous sommes arrivés, Annick brise plusieurs trucs dans la maison… elle dit que ce n’est que de la malchance et que tout est vieux. Toutefois, vient un jour où elle coupa le signal câblé pour au moins 3 maisons d’expats… En fait, c’est plutôt le technicien qui l’a fait, mais… On vous explique, en revenant de sa marche matinale, Annick trouve un technicien dans une échelle qui semble installer le câble. Étant donné que nous n’avions pas demandé cette installation, Annick explique du mieux qu’elle peut à un guinéen qui comprend plus ou moins le français que nous n’avons pas demandé le câble et que nous n’avons même pas de télé. Le technicien lui dit ‘’d’accord madame! Je vais débrancher ce que je viens de faire.’’ Croyant avoir fait une bonne affaire, elle rentre à l’intérieur et n’y repense plus. Toutefois, lors d’un 5@7, les expats commencent à raconter qu’ils n’ont plus le câble depuis la journée où le technicien est passé à la maison (mais ça, il n’y a que Annick qui sait…!). Tout bonnement, Annick raconte son histoire avec le technicien du câble. Deux expats se rendent à l’avant de la maison pour se rendre compte que celui-ci avait coupé le signal pour TOUT LE MONDE! Une semaine et plusieurs coups de téléphone plus tard, le câble n’est toujours pas revenu…! OUPSIE!
*** Développement depuis la première rédaction : En réalité, lorsque le technicien est venu, il a volontairement débranché la boîte qui donne le câble pour quelques maisons afin de… soit la revendre ou l’installer ailleurs (chez des amis, par exemple)… c’est aussi ça Kamsar… la corruption. Tout compte fait, on a tous eu le câble après deux semaines de plaintes et d’enquêtes!
Peu de temps après l’arrivée de Annick, nous sommes allés à la réunion de parents de l’école des expats pour qu’Annick puisse se présenter et annoncer qu’elle allait prendre la comptabilité de l’école. Durant cette réunion, tout le monde criait, parlait en même temps, c’était le chaos, mais tout semblait très normal et tout le monde était heureux, nous par contre, déstabilisés et dans l’incompréhension total face à ce chaos pour des questions de base!
À Kamsar, on reçoit un bateau par deux mois qui comporte beaucoup de nourriture américaine et européenne. C’est ainsi qu’après 1 mois, il peut y avoir certains biens de base qui ne sont plus disponibles, comme par exemple, du pain brun! Lorsque le bateau est déchargé, tous les expats se passent le mot et font des provisions! Même chose lorsqu’un bœuf se fait abattre : c’est la fête! On se passe le mot et on fait des provisions de viande! Morale de cette histoire : lorsque l’on voit quelque chose qui nous plaît, on doit l’acheter en grande quantité et en congeler!
Dans la même veine que le point précédant, malgré qu’il y ait beaucoup de fruits et de légumes ici, on doit bien en connaître les saisons pour chacun. Par exemple, les mangues durent 2 mois. On doit donc congeler pour le reste de l’année! On vous assure, ça occupe une bonne partie des journées d’Annick que de courir après la nourriture et de la préparer pour le congélateur!
Allez, on en garde pour une prochaine fois! On vous met aussi en prime une photo de notre statue Nimba, le symbole de la Guinée ainsi qu'une photo de la plage de Sobane.
On vous embrasse!
Annick et Nic
P-S : On a maintenant un chaton! Il s’appellera soit ‘’Fote’’ ou Belzébuth!
                                         

jeudi 21 juillet 2011

La pluie et les chutes


Kamsar, le 21 juillet 2011

Une nouvelle incroyable doit être annoncée.  Une nouvelle qu'il nous est impossible de passer sous silence.  Mesdames, messieurs, nous avons le câble !  Nic peut enfin écouter le tour de France et Annick peut voir des émissions québécoises comme Fortier sous-titrées en français.  Que de bonheur !

Sinon, nous avons été plus tranquilles dernièrement, Annick ayant usé beaucoup d'énergie pour se débarrasser d'une tenace bactérie qui semble enfin faillir.

Malgré cela, nous avons poussé nos explorations un peu plus. Nous sommes partis avec d'autres expats (expats = expatriés = blancs = Fotés) voir des cascades dans la brousse. L'aventure valait la peine comme vous pouvez le voir sur la photo. En étant sur les lieux, nous avons eu la chance de rencontrer nos nouveaux amis du moment, soit une horde de petits monstres qui voulaient se faire prendre en photo (comme vous pouvez le voir sur la 2e photo !). Un bel après-midi à traverser les petits villages et les rizières.

Certains d'entre vous ont peut-être lu qu'une tentative de coup a eu lieu contre le président du pays il y a deux jours. Nous tenons à rassurer nos lecteurs (et surtout nos mamans) que nous sommes en parfaite sécurité et qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter à Kamsar. Le seul impact à Kamsar de cette tentative manquée contre le président est que les Guinéens avaient une ''raison'' de moins travailler pour pouvoir en discuter avec leurs collègues.

Un moment fort est à prévoir à Kamsar dans les prochaines semaines. Nous avons obtenu la confirmation que nos effets personnels sont bien à bord du bateau qui partira dans 2 jours vers Kamsar. D'ici quelques semaines, ce sera Noël à Kamsar à la maison F-9 !

Avant de vous dire à la prochaine fois, il faut que je mentionne que si vous achetez des masques anciens africains et que vous les placez dans le congélateur pour éviter les termites potentielles, il faut se souvenir que vous les avez placé là. La face de Annick qui a fait le saut en ouvrant la porte pour voir une grosse tête de monstre africain vallait au moins 1 million de dollars !




On vous embrasse !

Annick et Nic

dimanche 10 juillet 2011

Toujours plus de découvertes


Kamsar, le 10 juillet 2011

Par quoi commencer ce message ?   Commençons tout d’abord par mentionner que la nourriture ici (et/ou la poussière et/ou l’hygiène et/ou la propreté et/ou l’eau de la douche et/ou pleins d’autres agents pathogènes) peut lancer de bons défis à nos systèmes.  Mais comme dit la phrase célèbre :  Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort !

On va être TRÈS forts en revenant !

Ceci étant dit, on est allé à la plage le weekend passé.  Après près de deux heures sur la route et en brousse, on s’est installés devant l’océan, les pieds dans le sable blanc sous un cocotier.  L’endroit est sauvage, voire désert.  Les seules présences humaines sont celles des pêcheurs Guinéens qui sont fiers de montrer leur prise du jour.  Le repos, la détente, le bonheur.
Encore plus important que la plage, il y a l’orphelinat.  Une structure imposante qui accueille environ 40 résidents permanents et qui offre la nourriture et l’éducation à près de 400 jeunes.  On est allé leur dire bonjour et les informer que nous serons de retour pour offrir notre temps.  Ce sera notre façon de nous impliquer ici.  On va donner des sourires à ces petits monstres adorables.

Sinon, c’était le travail, la découverte de Kamsar et le sport.  Nic est allé jouer au tennis hier et il a dû perdre 6 livres en eau, mais quand l’hydratation est le principal obstacle à faire du sport 365 jours par an, c’est qu’il n’y a vraiment aucun problème !

Pendant que j’y pense, il ne faut pas passer sous silence le marché.  Je sais que nous en avons déjà parlé précédemment, mais cette fois-ci, je place l’emphase sur la façon d’agir de Annick quand on ère dans les allées.  D-É-L-E-C-T-A-B-L-E !  Malgré le fait qu’elle ait beaucoup voyagé, dès qu’on arrive au marché, elle passe dans un état second.  Elle observe tranquillement, mais n’observe pas en même temps.  Elle ne répond pas aux questions, elle ne peut plus prendre de décision…  Il faut comprendre qu’on est vraiment renversé par les gens partout et par le chaos quand on se perd dans le marché… D’entendre les ‘Foté’ tout le temps, de se faire klaxonner par les motos qui passent et de se faufiler en évitant les trous de boue et les millions de mouches ne peut qu’être loin de ce à quoi nous sommes habitués. 
Malgré tout, quand on peut avoir pour 3,40$ CDN, 3 grosses mangues, 1 paquet d’échalotes, 3 gombos (vraiment pas très bon en passant), 3 avocats, 4 concombres libanais, 2 ananas, 3 limes, 3 aubergines et 1 petit sac de piments forts, on peut juger que ça vaut la peine !  Le pire, c’est que cette liste n’est même pas une exagération.  TIA.

À chaque jour qui passe, on s’approche de la saison des pluies de plus en plus.  Il pleut de plus en plus et de plus en plus fort (oui, c’est possible apparemment).  Pour faire un calcul logique facile (pour les comptables) :  Il tombe 4 mètres de pluie par année et tout tombe entre juin et septembre.  Faites le calcul !  Mais rappelez-vous au moins que lorsqu’il pleut, il fait quand même 25 degrés dehors et qu’on arrive à bronzer (en fait, Annick arrive à bronzer parce que Nic est toujours blanc !).

On pense à vous et on vous embrasse !

Annick et Nic

mercredi 29 juin 2011

L'adaptation Guinéenne !

Kamsar, le 24 juin 2011

Annick est arrivée !  Enfin !  Elle est arrivée depuis 1 semaine et elle s’adapte à la vie de Kamsar.  À partir de maintenant, je vais écrire dans le blog en utilisant la 2e personne du pluriel.  Beaucoup mieux !

La journée de l’arrivée de Annick, nous sommes restés à Conakry pour la nuit.  Le lendemain, le constat a été confirmé une fois de plus :  La route est toujours aussi cahoteuse. 
Nous sommes arrivés à Kamsar en début d’après midi et j’ai donné une visite guidée du village à Annick.  Nous sommes installés à Kamsar Cité, où les maisons sont plus belles, plus spacieuses et mieux équipées que le reste de la ville.  Il faut dire que Kamsar explose en population avec l’entreprise minière qui stimule l’économie locale.  Certains parlent de 80,000 personnes, d’autres parlent de 135,000.  Dans un pays où tout est complexe, il est normal d’avoir de la difficulté à avoir un recensement exact !  Attention par contre :  Quand je dis le mot complexe, il est difficile de décrire en mots à quel point tout est laborieux.  C’est peut-être nos idées d’Occidentaux avec nos concepts sociaux et toutes les notions qu’on prend pour acquises qui font qu’on trouve tout complexe ici.  Mais c’est en travaillant sur l’attitude et sur l’ouverture d’esprit qui fait qu’on s’ajuste, qu’on s’accoutume, qu’on  s’adapte…  Après tout, si on reste dans notre zone de confort (notre ouate), comment peut-on apprendre à développer cette adaptabilité ?
Bon assez de philo pour ce message, on passe aux faits coquasses :
1.        Annick a découvert que ici, il est tout à fait de coutume de demander 3 ou 4 fois ‘ça va?’ dans une conversation de 5 minutes.
2.       Des ouvriers sont venus élaguer les arbres et palmiers dans notre cour.  Disons qu’on n’est pas certain que les normes du travail accepteraient qu’un homme sans équipement, sans corde, sans harnais, sans casque et sans souliers (!) se tiennent accroché sur une branche à 10 mètres dans les airs pour tailler l’arbre avec une machette.
3.       Au grand dam de Annick, elle n’est plus Annick ici :  Elle est madame Nicholas !  Nic trouve ça vraiment très drôle.  Annick moins !
4.       Note aux voyageurs qui envisagent de venir dans cette partie du monde :  Quand vous voyez quelqu’un que vous avez croisé une fois ou deux dans votre vie et que la personne s’exprime en disant : « Mon ami ! Comme je suis content de te voir ! » avec l’intensité des grandes retrouvailles, il ne faut pas oublier quand dans 90% des cas, c’est que cette personne a quelque chose à demander (Eau, souliers, souvenir, bouffe, vêtements, prendre son enfant pour qu’il puisse aller étudier en Occident, etc.).
5.       On est allé au marché pour la première fois.  Il faut le vivre pour le croire !  Une infinité de petites rues avec des marchands partout.  Je pense que la meilleure façon de décrire l’expérience est en s’imaginant qu’on se trouve dans un marché Africain en l’an 1000…  Mais avec des téléphones cellulaires !  Une super expérience !
Donc en gros, on est heureux, on est bien et on découvre à deux la vie de Kamsar !
On vous embrasse !
Annick et Nic

lundi 13 juin 2011

Le projet commence ! Le projet Afrique.

J’avais une sorte de débat interne à savoir si j’allais faire un blog…  Je me disais que très peu de gens font des blogs sur leur banlieue pour parler de leur emploi et qu’avec un contrat de travail de 2 ans, je serais ici éventuellement dans ma banlieue à parler de mon emploi.
Mais le contraste avec nos vies d’occidentaux tellement puissant en arrivant à Conakry m’a convaincu que je peux envoyer des nouvelles aux amis et à la maison en utilisant un blog.  La vie en Afrique est simplement différente.  C’est le but de notre immersion.  Pour comprendre les différentes cultures, il faut aller voir.  Pour échanger, apprendre, partager, il faut aller le vivre.  Dans les affaires comme dans la vie, on s’adapte, on change, on observe, on questionne, on améliore comme on peut, on agit.  C’est pour ça qu’on est parti !

Conakry, le 4 juin 2011.
C’est frappant.  Il fait chaud.  Très chaud.  On sort de l’avion et on marche vers les tarmacs pour récupérer les valises.  Il est 16h30 et il fait 40 degrés avec 90% d’humidité.  Tout le monde fait du bruit, la propreté est…  différente des standards qu’on connait, les gens vont dans toutes les directions…  Heureusement, je viens ici avec une entreprise.  Luxe immense qu’est d’apercevoir une personne avec mon nom sur sa pancarte. 
On récupère mes valises (oui, j’étais content et soulagé de voir qu’elles sont arrivées) et on roule tout de suite vers l’hôtel. 
Dans les rues, le chaos.  Le chaos organisé.  Les gens vont et viennent.  Les motos se faufilent.  Les taxis aussi.   Les camions aussi dans le fond.  Partout il y a des gens.  Partout.  Sur les bâtiments, dans les rues, dans les ruelles, dans les magasins, 9 personnes par auto, bien plus par camionnette, des gens qui s’agrippent sur les toits des camions et des autos… Partout !
Je suis certain que Conakry, comme plusieurs villes, s’apprivoise, mais au premier contact, c’est difficile de ne pas être déstabilisé !  Nous aurons le temps pendant notre aventure ici de l’apprivoiser (en fait, de voir si on peut l’apprivoiser).

Je me rends à l’hôtel, je dors  comme je peux et je me prépare pour la route vers Kamsar.  5 heures de route parmi des cratères (le mot ‘nid de poule’ ne s’applique plus).  Je pense que les seuls véritables concurrents pour la décrépitude des routes sont les routes du Cambodge !  Mais ce n’est pas grave, je suis content, c’est le début de l’aventure !

J’arrive à Kamsar et je prends possession de notre nouvelle maison.  Un semi-détaché avec 2 chambres et une grande paillotte dans la cours.  Je sens que je vais aimer.
Les gens sont curieux, ils viennent voir qui est le nouveau.  Comme j’étais déjà allé à Kamsar 2 fois dans le passé, je revois les gens que j’apprécie ainsi que ceux qui viennent toujours demander quelque chose au ‘Foté’ (l’homme blanc).  It’s part of the deal.

J’ai 2 semaines pour commencer le travail, pour m’installer un peu, pour préparer ce que je peux préparer, pour trouver ce qui se mange et ce qui ne se mange pas…  Parce que dans 2 semaines, Annick arrive et je veux absolument qu’elle soit ici chez elle.  Qu’elle se sente bien, qu’elle soit heureuse.   C’est ce qu’on veut pour les gens qu’on aime, non ?
Pour répondre à tous nos amis qui pensaient qu’on allait être en carence alimentaire pour 2 ans :  À date, j’ai mangé des mangues fraiches, des ananas frais (on va faire pousser des ananas dans notre jardin), du poisson frais du jour, du filet mignon et un kraft diner (oui, je suis moins fier de ce dernier).  Oh, j’oublie le pain de la boulangerie et les chocolatines que j’ai pris pour ma fête.  Je mangeais moins de nourriture fraiche à Montréal !

Donc le départ se fait dans ces conditions.  La piscine est toujours parfaite pour la baignade, la plage est toujours aussi sauvage, les gens sont toujours aussi curieux de voir un Foté, les enfants aiment toujours autant se faire prendre en photo et je suis heureux d’être arrivé !   L’aventure est commencée !  This is Africa.

Je vous embrasse !
Nic